Busards des roseaux au dortoir

2 Janvier 2013.

Le temps est magnifique sur la Petite Camargue : grand soleil, 16 degrés au plus fort de l’après-midi et ce n’est pas le mistral qui souffle aujourd’hui qui me découragera de sortir !

Destination : la roselière de Franquevaux qui se situe au nord de l’étang du Scamandre en Camargue gardoise.

Mon objectif pour cette sortie : me mettre à l’affût pour voir et éventuellement photographier les passereaux dans la roselière et plus particulièrement, la panure à moustaches et la rémiz penduline.

J’ai déjà vu la rémiz dans cette roselière l’année dernière mais à un endroit non accessible en voiture. Or, aujourd’hui, c’est depuis ma voiture que je compte me mettre à l’affût et je ne sais pas si elle est présente à l’endroit où je me gare. Je verrai bien… je suis là pour ça !

14 h 00, 15 h 00… le temps passe sans grande activité dans les phragmites mis à part le vent qui l’agite beaucoup et quelques mésanges bleues qui sortent timidement du cœur de la roselière pour aller se poser brièvement dans les tamaris présents à cet endroit.

Je verrai aussi un pouillot véloce, deux ou trois mésanges à longue queue mais pas de rémiz, et encore moins de panures à moustaches !

Busard des roseaux

Busard des roseaux

 

 

 

16 h 30 : Ce sont maintenant plusieurs busards qui chassent au-dessus de la roselière. J’ai déjà assisté à une chasse de 5 à 6 busards l’année dernière et j’ai pu constater qu’ils ratissent ainsi méthodiquement toute la roselière créant l’affolement chez le petit peuple des roseaux. Le moment commence à devenir intéressant car la lumière décline doucement et que le soleil se couchera probablement derrière la roselière.

 

 

 

 

 

Plusieurs busards survolent la roselière

Plusieurs busards survolent la roselière

 

A ce stade, j’ai abandonné l’idée de voir les panures et autres rémiz qui ont motivé ma venue. Je décide donc de sortir de la voiture et d’installer le pied à photo de façon à suivre les manœuvres des busards, d’autant plus que maintenant, ce ne sont plus 5 ou 6 individus qui scrutent la sagne mais bien désormais une quarantaine d’oiseaux (dénombrés simultanément) qui font un festival devant mes yeux. Je n’avais encore jamais assisté à une telle scène !

 

 

 

J'ai pu dénombrer quarante busards simultanément

J’ai pu dénombrer quarante busards simultanément

Indifférents à ma présence, les oiseaux survolent la roselière, fixent un point à l’intérieur viennent la raser et finissent par y plonger. Je n’ai jamais vu ressortir un oiseau avec une proie, cependant, renseignement pris par la suite, il semble qu’il  les saisisse toujours dans les serres de la patte gauche. Le fait-il en vole ? Je n’en sais rien car une fois disparu dans la roselière, je ne sais pas ce que fait l’oiseau.

Quelques oiseaux curieux, viennent aussi me survoler avant de retourner à leurs affaires.

Le busard rase les phragmites

Le busard rase les phragmites

 

 

 

17 h 00, 17 h 15 : Le soleil prend maintenant de belles couleurs orangées. Le mistral souffle toujours aussi fort. J’ai l’onglet et mes gants sont dans la voiture. Je n’ose pas m’éloigner du pied à photo de peur qu’il bascule. Tant pis, le spectacle vaut bien quelques inconvénients !

 

 

 

Busard au coeur de la roselière

Busard au cœur de la roselière

 

 

La sagne est plus haute que moi à l’endroit où je me trouve. Je vois les oiseaux à travers la roselière. L’autofocus a du mal à fixer l’oiseau, d’autant plus que les phragmites bougent sans arrêt ; je décide de passer en mode manuel pour tenter d’obtenir la netteté sur les oiseaux

 

 

 

 

la roselière s’enflamme.

Le spectacle est magnifique !

D’autant plus magnifique, que j’y retournerai deux fois dans les jours suivants pour peaufiner mes réglages et tenter d’obtenir les photos que j’ai dans la tête : les busards au cœur de la roselière.

L'or de la roselière

L’or de la roselière

Au cours de ces deux autres sorties, aux conditions tout à fait similaires à celles du premier jour, mais aux lumières un peu différentes à la tombée du jour,  j’ai pu varier les lieux de prise de vue afin que la sagne soit plus ou moins présente sur les photos.

Il n’en reste pas moins vrai que dans tous les cas, j’ai pu assister à l’embrasement de la roselière, ce qui m’a permis de jouer avec les lumières pour composer des images qui montrent oh ! combien le busard des roseaux porte bien son nom, en le montrant au cœur des phragmites.

Certains penseront peut-être que celles-ci sont trop présentes sur les photos, mais mon souhait était précisément de montrer ce couple indissociable que constituent le busard des roseaux et la roselière.

L'enfer de la roselière

L’enfer de la roselière

Texte et photos : Pascale Hervieu. Tous droits réservés.